Figures de style : liste complète, définitions et exemples
Les figures de style font partie des notions incontournables que nous étudions en cours de français, du collège jusqu’au lycée. Mais qu’est-ce qu’une figure de style exactement ? Comment les identifier dans un texte ? Et surtout, lesquelles faut-il absolument connaître pour réussir ses examens ?
Dans ce guide complet, nous vous proposons une liste de plus de 25 figures de style, classées par familles, avec pour chacune une définition claire, un exemple littéraire et l’effet produit sur le lecteur. Que vous prépariez le brevet, le bac ou simplement que vous souhaitiez enrichir votre culture littéraire, cet article est fait pour vous.
Table des matières
ToggleQu’est-ce qu’une figure de style ?
Une figure de style — également appelée figure de rhétorique ou procédé littéraire — est un procédé d’écriture qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue pour produire un effet particulier sur le lecteur. En d’autres termes, il s’agit d’un outil que l’auteur utilise consciemment pour rendre son texte plus expressif, plus convaincant ou plus beau.
Ces procédés sont nés dans l’Antiquité grecque et romaine, au sein de la rhétorique, l’art de bien parler et de convaincre. Aujourd’hui, nous les retrouvons partout : dans la poésie, les romans, les discours politiques, mais aussi dans notre langage quotidien.
À retenir : une figure de style crée toujours un écart par rapport à la formulation neutre et ordinaire. C’est cet écart qui produit l’effet recherché.
Tableau récapitulatif des figures de style
Voici un aperçu des principales figures de style que nous allons détailler dans cet article. Ce tableau est conçu pour vous permettre de les retrouver rapidement.
| Figure de style | Famille | Définition courte | Exemple |
|---|---|---|---|
| Comparaison | Analogie | Rapprochement avec outil de comparaison | « beau comme un astre » |
| Métaphore | Analogie | Rapprochement sans outil de comparaison | « l’automne de la vie » |
| Personnification | Analogie | Caractéristiques humaines données à un objet | « la forêt se plaint » |
| Allégorie | Analogie | Représentation concrète d’une idée abstraite | « l’Amour est aveugle » |
| Hyperbole | Amplification | Exagération | « des torrents de larmes » |
| Gradation | Amplification | Énumération par ordre d’intensité | « je l’ai vu, saisi, terrassé » |
| Anaphore | Répétition | Répétition en début de phrase | « Moi président… » |
| Épiphore | Répétition | Répétition en fin de phrase | « pour toi, pour moi, pour nous » |
| Accumulation | Amplification | Liste d’éléments pour insister | « or, argent, pierreries, fourrures » |
| Euphémisme | Atténuation | Terme plus doux pour une réalité difficile | « il a disparu trop tôt » |
| Litote | Atténuation | Dire moins pour suggérer plus | « ce n’est pas sans talent » |
| Antithèse | Opposition | Rapprochement de deux idées contraires | « l’homme est à la fois ange et bête » |
| Oxymore | Opposition | Deux termes opposés côte à côte | « cette douce violence » |
| Paradoxe | Opposition | Idée contraire à l’opinion commune | « la défaite peut être une victoire » |
| Métonymie | Substitution | Un terme remplacé par un terme associé | « lire Zola » (= lire ses œuvres) |
| Synecdoque | Substitution | La partie pour le tout | « les toits de Paris » (= Paris) |
| Périphrase | Substitution | Plusieurs mots pour un seul | « le roi des animaux » (= le lion) |
| Antonomase | Substitution | Nom propre utilisé comme nom commun | « un Don Juan » (= un séducteur) |
| Allitération | Sonorité | Répétition d’un son de consonne | « les souffles de la nuit flottaient sur Galgala » |
| Assonance | Sonorité | Répétition d’un son de voyelle | « les sanglots longs des violons » |
| Paronomase | Sonorité | Rapprochement de mots aux sons voisins | « qui se ressemble s’assemble » |
| Chiasme | Construction | Structure en miroir (AB/BA) | « il faut vivre pour manger, non manger pour vivre » |
| Parallélisme | Construction | Structure répétée (AB/AB) | « travailler plus pour gagner plus » |
| Ellipse | Construction | Omission volontaire d’un mot | « Partir, c’est mourir un peu » |
| Zeugma | Construction | Ellipse liant deux éléments de registres différents | « vêtu de probité candide et de lin blanc » |
| Anacoluthe | Construction | Rupture dans la construction de la phrase | « Moi, que la gloire attend… je tremble » |
| Question rhétorique | Implicite | Fausse question qui n’attend pas de réponse | « Qui peut arrêter le temps qui passe ? » |
| Prétérition | Implicite | Dire ce qu’on s’engage à ne pas dire | « Sans évoquer ses nombreuses erreurs… » |
| Antiphrase | Implicite | Dire le contraire de ce qu’on pense | « Ah, quel temps magnifique ! » (sous la pluie) |
Les figures d’analogie
Les figures d’analogie créent un rapprochement entre deux réalités distinctes pour produire une image dans l’esprit du lecteur. Ce sont les figures que nous rencontrons le plus souvent dans notre étude des textes littéraires.
La comparaison
La comparaison est la figure d’analogie la plus explicite. Elle rapproche deux éléments — le comparé et le comparant — à l’aide d’un outil de comparaison : comme, tel, semblable à, pareil à…
Exemple : « Elle était belle comme l’aurore. » — Gustave Flaubert, Madame Bovary
Ici, la beauté d’Emma (comparée) est rapprochée de l’aurore (comparant) grâce au mot comme. Notre lecture en est immédiatement enrichie d’une image lumineuse et poétique.
Autre exemple : « Mon âme est une infante en robe de parade. » — Rostand, La Princesse lointaine (comparaison implicite à travers la métaphore étendue)
Effet produit : crée une image mentale vivante, facilite la compréhension d’une réalité abstraite.
La métaphore
La métaphore fonctionne comme la comparaison, mais sans outil de comparaison. Le rapprochement est donc plus direct, plus frappant.
Exemple : « L’automne de sa vie » pour désigner la vieillesse.
La vie est comparée à une année, et la vieillesse à l’automne, mais le mot comme est absent. La métaphore crée une image plus immédiate et plus poétique.
Exemple littéraire : « Votre âme est un paysage choisi. » — Paul Verlaine, Fêtes galantes
Effet produit : plus intense que la comparaison, elle crée une identification totale entre les deux termes.
La personnification
La personnification consiste à attribuer des caractéristiques humaines (sentiments, actions, paroles) à un objet, un animal ou une idée abstraite.
Exemple : « La forêt se plaint et gémit sous l’orage. »
La forêt reçoit ici des capacités humaines — se plaindre, gémir — ce qui lui confère une présence presque vivante et dramatique.
Exemple littéraire : « La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles. » — Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Effet produit : rend le texte vivant, crée de l’émotion et un sentiment d’identification.
L’allégorie
L’allégorie est la représentation d’une idée abstraite par une image concrète ou un personnage symbolique. Elle peut s’étendre sur toute une œuvre.
Exemple : L’Amour représenté sous les traits d’un enfant ailé et aveugle — pour signifier que l’amour est spontané et impartial.
Exemple littéraire : Dans Le Roman de la Rose au Moyen Âge, des personnages nommés Jalousie, Faux-Semblant ou Raison représentent chacun une abstraction morale.
Effet produit : rend accessible et frappante une réalité abstraite, donne de la profondeur symbolique au texte.
Les figures d’amplification
Les figures d’amplification exagèrent ou intensifient le propos pour produire un effet fort sur le lecteur. Elles sont très présentes dans les discours politiques et la poésie.
L’hyperbole
L’hyperbole est une exagération volontaire. L’auteur et le lecteur savent tous deux qu’il s’agit d’une exagération — elle n’est pas destinée à être prise au pied de la lettre.
Exemples courants : « des torrents de larmes », « je t’ai cherché pendant des siècles »
Exemple littéraire : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; / Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. » — Racine, Phèdre
L’accumulation de réactions physiques simultanées et contradictoires constitue une hyperbole émotionnelle qui traduit la violence du coup de foudre.
Effet produit : intensifie une émotion, crée de l’humour ou de la grandeur selon le contexte.
L’accumulation
L’accumulation (ou énumération) consiste à lister de nombreux éléments pour donner une impression de quantité, d’abondance ou pour insister sur un aspect.
Exemple littéraire : « Or, argent, pierreries, toiles de prix, dentelles, fourrures… » — Balzac, Eugénie Grandet
La liste interminable des richesses du père Grandet illustre son avarice obsessionnelle mieux que n’importe quelle description.
Effet produit : crée un effet de masse, d’insistance, ou d’envahissement.
La gradation
La gradation est une forme d’accumulation dans laquelle les termes sont ordonnés par intensité croissante ou décroissante.
Exemple littéraire : « Je le vis, je le jugeai, je le condamnai. » (inspiré de la formule de César Veni, vidi, vici)
Chaque verbe est plus définitif que le précédent. Nous sentons la montée inexorable vers le verdict.
Autre exemple : « Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre. » — La Fontaine, La Lièvre et les Grenouilles
Effet produit : accentue progressivement une émotion, crée du dynamisme et de la tension.
L’anaphore
L’anaphore consiste à répéter un même mot ou groupe de mots en début de plusieurs phrases ou vers consécutifs.
Exemple : « Moi président de la République, je n’interviendrai pas… Moi président de la République, je veillerai… Moi président de la République, je ne serai pas… » — François Hollande, débat présidentiel de 2012
La répétition de Moi président ancre une posture, une promesse, une identité politique.
Exemple littéraire : « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! » — Corneille, Horace
Effet produit : renforce une idée par la répétition, donne un rythme au texte, crée un effet oratoire fort.
L’épiphore
L’épiphore est le miroir de l’anaphore : elle consiste à répéter un mot ou groupe de mots en fin de phrases ou de vers.
Exemple littéraire : « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville ; / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon cœur ? » — Verlaine, Romances sans paroles
La répétition du mot cœur en fin de strophe crée une résonance lancinante qui amplifie la mélancolie.
Effet produit : crée un rythme lancinant, renforce un sentiment de répétition ou de résignation.
Les figures d’atténuation
À l’opposé des figures d’amplification, les figures d’atténuation visent à adoucir une réalité, à en atténuer la brutalité.
L’euphémisme
L’euphémisme remplace un terme perçu comme trop brutal, trop cru ou trop triste par une formulation plus douce.
Exemples courants : « il a disparu trop tôt » (pour parler de la mort), « dans une situation délicate » (pour parler de la pauvreté).
Exemple littéraire : « Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie / Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie. » — Victor Hugo, Les Chants du crépuscule
Le mot cercueil est ici plus doux que cadavre ou mort ; Hugo adoucit l’horreur de la guerre par une solennité respectueuse.
Effet produit : adoucit une réalité difficile, ménage la sensibilité du lecteur ou de l’interlocuteur.
La litote
La litote dit moins pour faire comprendre plus. Elle s’exprime souvent à la forme négative.
Exemple courant : « Ce n’est pas sans talent » pour signifier que quelqu’un est très doué.
Exemple littéraire : « Je ne suis pas ta dupe. » — Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard
Cette formulation retenue dit avec une précision chirurgicale ce qu’un « Tu mens ! » exprimerait plus brutalement.
Effet produit : crée de la pudeur, de la retenue, de la sous-estimation calculée ; peut exprimer une émotion trop forte pour être dite directement.
Les figures d’opposition
Ces figures créent un effet de contraste en rapprochant deux réalités contraires. Leur impact est immédiat et mémorable.
L’antithèse
L’antithèse rapproche dans un même énoncé deux termes, idées ou expressions de sens opposés.
Exemple littéraire : « L’homme est à la fois ange et bête, ciel et boue, capable du pire et du meilleur. » — Victor Hugo, Les Misérables
L’opposition systématique des termes traduit la vision humaniste et complexe de Hugo : l’être humain est une créature double, tiraillée entre deux pôles.
Effet produit : met en relief un contraste, traduit une tension intérieure ou une situation paradoxale.
L’oxymore
L’oxymore est une figure plus radicale que l’antithèse : elle rapproche en une seule expression deux termes contradictoires.
Exemple littéraire : « Cette douce violence que vous m’avez faite. » — Racine, Bérénice
Comment une violence peut-elle être douce ? Cette contradiction concentre en deux mots la complexité d’un amour vécu comme une contrainte et un plaisir à la fois.
Autre exemple : « Un illustre inconnu », « une sombre clarté ».
Effet produit : crée une image paradoxale et forte, traduit une réalité complexe ou contradictoire.
Le paradoxe
Le paradoxe est une idée qui va à l’encontre de l’opinion générale ou du sens commun, dans le but de surprendre ou de faire réfléchir.
Exemple littéraire : « La faiblesse est parfois une force. » ou encore cette célèbre formule de Montaigne : « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. » — Montaigne, Essais
Effet produit : surprend, interpelle, force le lecteur à remettre en question ses certitudes.
L’antiphrase
L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce qu’on pense réellement. C’est la figure de l’ironie par excellence.
Exemple courant : « Ah, quel temps magnifique ! » dit par quelqu’un qui se retrouve trempé sous la pluie.
Exemple littéraire : « Voilà de mes héros ! » s’exclame Corneille dans Le Cid pour désigner un comportement lâche ou déshonorant — le terme héros y est employé par dérision.
Effet produit : crée de l’ironie ou du sarcasme, atténue parfois la brutalité d’une critique.
Les figures de substitution
Ces figures remplacent un mot par un autre, soit pour éviter une répétition, soit pour créer une image ou un effet particulier.
La métonymie
La métonymie remplace un terme par un autre terme qui lui est associé (contenant/contenu, cause/effet, matière/objet…).
Exemples : « Lire Zola » (l’auteur pour ses œuvres), « la salle applaudit » (le lieu pour les personnes qui s’y trouvent).
Exemple littéraire : « Et le fer et le feu ravagèrent la plaine. » — Le fer désigne les armes, le feu les incendies de guerre.
Effet produit : rend le langage plus vivant et plus imagé, crée un raccourci expressif
La synecdoque
La synecdoque désigne quelque chose par une de ses parties, ou inversement.
Exemple : « Les toits de Paris » pour désigner la ville entière, ou « une voile à l’horizon » pour parler d’un bateau.
Exemple littéraire : « Un mortel ne peut voir impunément les dieux. » — Racine, Iphigénie. Le terme mortel désigne l’être humain entier à travers sa seule caractéristique : être voué à mourir.
Effet produit : crée une image précise et évocatrice en pointant un détail représentatif du tout.
La périphrase
La périphrase dit en plusieurs mots ce qu’on pourrait exprimer en un seul, pour éviter une répétition ou pour enrichir la description.
Exemples : « le roi des animaux » (= le lion), « l’astre du jour » (= le soleil), « la langue de Voltaire » (= le français).
Exemple littéraire : « Seigneur, vous changez de visage. » — dans la tragédie classique, la périphrase changer de visage remplace pudiquement pleurer ou trembler.
Effet produit : valorise ou poétise la réalité désignée, évite les répétitions.
L’antonomase
L’antonomase utilise un nom propre comme nom commun, ou un nom commun comme nom propre.
Exemples : « C’est un vrai Don Juan » (= un grand séducteur), « il se prend pour un Napoléon » (= un conquérant), « une poubelle » (du nom du préfet Poubelle qui imposa les bacs à ordures).
Effet produit : renforce l’expressivité par la référence culturelle, enrichit le sens d’un mot ordinaire.
Les figures de sonorité
Ces figures jouent sur les sons des mots pour créer des effets musicaux ou onomatopéiques.
L’allitération
L’allitération est la répétition d’un même son consonantique dans une phrase ou un vers.
Exemple littéraire : « Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala. » — Victor Hugo, Booz endormi
La répétition du son [l] et [f] crée une douce fluidité sonore qui évoque le vent nocturne et la paix des champs.
Autre exemple : « Le vent vif et vaillant vint voltiger dans les voiles. »
Effet produit : crée une musicalité, peut imiter un son réel (effet onomatopéique).
L’assonance
L’assonance est la répétition d’un même son vocalique dans une phrase ou un vers.
Exemple littéraire : « Les sanglots longs / Des violons / De l’automne » — Verlaine, Chanson d’automne
La répétition du son [õ] (long, violons, automne) produit un effet de plainte mélancolique, comme un gémissement prolongé.
Effet produit : crée une musicalité intérieure, renforce l’émotion ou l’atmosphère du vers.
La paronomase
La paronomase rapproche deux mots aux sonorités proches mais au sens différent.
Exemples : « Qui se ressemble s’assemble », « Les dés sont pipés, les désirs sont épuisés. »
Exemple littéraire : « Amour, amour, quand tu nous tiens / On peut bien dire adieu prudence ! » — La Fontaine, Le Lion et le Rat. Le rapprochement sonore de amour mime l’obsession amoureuse.
Effet produit : crée un effet de jeu verbal, facilite la mémorisation (souvent utilisé dans les proverbes et les slogans).
Les figures de construction
Ces figures jouent sur la structure syntaxique de la phrase, en la modifiant, la répétant ou la rompant.
Le chiasme
Le chiasme organise les éléments de la phrase selon un schéma en miroir : AB / BA.
Exemple : « Il faut vivre pour manger, et non manger pour vivre. » (adaptation de Molière)
Exemple littéraire : « Vêtu de probité candide et de lin blanc. » — Victor Hugo, Booz endormi. La structure en miroir (qualité morale / couleur — couleur / qualité morale) crée un effet d’harmonie et de dignité.
Effet produit : crée un effet d’équilibre et de symétrie, met en valeur un rapprochement ou une opposition.
Le parallélisme
Le parallélisme reprend deux constructions syntaxiques identiques ou très proches : schéma AB / AB.
Exemple : « Travailler plus pour gagner plus. » — Slogan politique de 2007.
Exemple littéraire : « Partir c’est mourir un peu, / C’est mourir à ce qu’on aime. » — Edmond Haraucourt, Rondel de l’adieu
La répétition de la structure C’est + infinitif renforce l’équivalence poétique entre partir et mourir.
Effet produit : crée un effet d’équivalence et d’équilibre, renforce l’idée exprimée par la répétition de la structure.
L’ellipse
L’ellipse est l’omission volontaire d’un mot ou d’un groupe de mots normalement nécessaire à la construction grammaticale.
Exemple : « Partir, c’est mourir un peu. » — Le sujet et le verbe partir elliptent toute une proposition développée.
Exemple littéraire : « Aux armes, citoyens ! » — La Marseillaise. La phrase complète serait : Prenez les armes, mais l’ellipse du verbe donne une puissance et une urgence incomparables.
Effet produit : donne du rythme, crée une impression de rapidité ou d’évidence.
Le zeugma
Le zeugma est une ellipse particulière : elle lie deux éléments qui n’appartiennent pas au même registre sémantique, créant un effet de surprise.
Exemple littéraire : « Vêtu de probité candide et de lin blanc. » — Victor Hugo, Booz endormi
On ne peut être vêtu de probité au sens propre : le zeugma associe un vêtement réel (lin blanc) et une qualité morale (probité), créant une image saisissante de pureté totale, intérieure et extérieure à la fois.
Effet produit : crée une rupture de registre surprenante, souvent poétique ou ironique.
L’anacoluthe
L’anacoluthe est une rupture dans la construction habituelle de la phrase, qui dévie de la logique syntaxique attendue.
Exemple : « Moi, que la gloire attendait au bout de cette route — je tremble. »
On attendrait que moi soit sujet du verbe principal, mais la phrase dévie. Cette rupture traduit l’hésitation, le doute intérieur.
Exemple littéraire : « Né de parents obscurs, mes premiers ans furent troublés par des hasards divers. » — type d’anacoluthe fréquent dans la prose du XVIIIe siècle, où le participe passé se rattache à un sujet non exprimé.
Effet produit : donne une impression de spontanéité, d’urgence ou de pensée vive.
Les figures de l’implicite
Ces figures disent les choses de manière détournée, en jouant sur ce qui est sous-entendu plutôt qu’affirmé.
La question rhétorique (ou oratoire)
La question rhétorique est une fausse question : elle n’attend pas de réponse, car la réponse est évidente ou incluse dans la question elle-même.
Exemple : « Qui peut arrêter le temps qui passe ? » La réponse — personne — est contenue dans la question.
Exemple littéraire : « Et si Dieu n’existait pas, tout serait-il permis ? » — cette question attribuée à Dostoïevski (Les Frères Karamazov) est en réalité une affirmation déguisée qui invite le lecteur à y réfléchir par lui-même.
Effet produit : interpelle le lecteur ou l’auditeur, renforce un argument en le faisant paraître évident.
La prétérition
La prétérition consiste à dire ce qu’on avait prétendu ne pas vouloir dire.
Exemple : « Sans évoquer ses nombreuses erreurs de gestion, je dirai simplement que ce bilan est décevant. »
On prétend ne pas évoquer les erreurs… en les évoquant immédiatement.
Exemple littéraire : « Je ne vous parlerai pas de mes souffrances, vous les connaissez. » — type de formule récurrente dans la littérature épistolaire du XVIIe siècle (Mme de Sévigné).
Effet produit : permet d’affirmer quelque chose tout en semblant s’en défendre, ce qui en renforce l’impact.
Comment identifier une figure de style dans un texte ?
L’identification d’une figure de style ne doit pas être une source de stress. Voici la méthode que nous vous recommandons en trois étapes :
1. Repérer l’écart. Demandez-vous : est-ce qu’on pourrait dire la même chose plus simplement ? Si oui, il y a probablement une figure de style.
2. Observer le fonctionnement. Y a-t-il une comparaison ? Une répétition ? Une contradiction ? Une exagération ? Un jeu sur les sons ? Chaque type de fonctionnement renvoie à une famille de figures.
3. Nommer et justifier. Identifiez la figure, puis expliquez son effet : cette métaphore crée une image de…, cette hyperbole renforce le sentiment de…
Notre conseil : dans un commentaire ou une dissertation, ne vous contentez jamais de nommer la figure. L’essentiel est toujours d’expliquer l’effet qu’elle produit sur le lecteur.
FAQ : vos questions sur les figures de style
Quelle est la différence entre une métaphore et une comparaison ?
La comparaison utilise un outil de comparaison explicite (comme, tel, pareil à) : « Elle était belle comme l’aurore. » La métaphore, elle, établit le même rapprochement mais sans outil : « L’aurore de sa beauté. » La métaphore est donc plus directe, plus percutante.
Comment repérer une figure de style dans un texte ?
Notre méthode en trois étapes (voir la section précédente) vous permettra d’y parvenir : repérer l’écart par rapport au langage ordinaire, observer le mécanisme utilisé (répétition, comparaison, exagération, son…), puis nommer et analyser l’effet produit.
Quelles sont les figures de style les plus importantes pour le brevet et le bac ?
Les figures incontournables à maîtriser pour nos examens sont : la métaphore, la comparaison, la personnification, l’hyperbole, la litote, l’euphémisme, l’antithèse, l’oxymore, l’anaphore et l’ironie (antiphrase). Elles reviennent systématiquement dans les textes au programme.
Combien y a-t-il de figures de style en français ?
Il n’existe pas de liste officielle et fermée. Les linguistes et rhétoriciens en ont répertorié plusieurs centaines. Dans notre enseignement secondaire, nous en travaillons généralement une trentaine, regroupées en grandes familles (analogie, amplification, atténuation, opposition, sonorité, substitution, construction, implicite).
Quelle est la différence entre un oxymore et une antithèse ?
L’antithèse oppose deux idées dans des propositions distinctes : « L’homme est à la fois ange et bête. » L’oxymore, lui, réunit les deux termes contradictoires dans une seule et même expression : « une douce violence. » L’oxymore est donc une forme d’antithèse resserrée à l’extrême.
Qu’est-ce qu’une figure de rhétorique ?
Figure de rhétorique est simplement un synonyme de figure de style. Le terme rhétorique renvoie à l’art antique du discours persuasif, dont ces figures sont héritées. Aujourd’hui, les deux expressions sont utilisées de manière interchangeable.
Peut-on trouver des figures de style dans le langage courant ?
Absolument ! Nous en utilisons tous les jours sans y penser : « il pleut des cordes » (métaphore), « je suis à des kilomètres de comprendre » (hyperbole), « il a disparu trop tôt » (euphémisme). Les figures de style ne sont pas réservées à la littérature — elles font partie de notre langue quotidienne.
Les figures de style sont donc bien plus que de simples outils rhétoriques à mémoriser pour un examen. Elles sont le reflet de la créativité humaine dans l’usage de la langue, la façon dont les auteurs et même nous-mêmes, dans notre vie quotidienne, enrichissons notre expression pour toucher, convaincre ou émouvoir.
Vous avez une question sur une figure de style spécifique ? Laissez-nous un commentaire, notre équipe vous répondra.





