Édouard Geffray : pourquoi le nouveau ministre inquiète déjà les enseignants ?

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Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, fait déjà causer dans les salles de profs, et pas pour les raisons espérées. Alors, pourquoi ce nom fait-il tant d’échos dans les couloirs de nos écoles et collèges ? Nommé récemment, Geffray, ancien bras droit de Jean-Michel Blanquer, arrive avec une étiquette de technocrate couplée à une réputation de gros bosseur. Un cocktail qui inquiète de nombreux éducateurs. Un changement de visage, mais pas de méthode ? À 47 ans, Geffray devient le septième ministre de l’Éducation sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Un chiffre qui donne le vertige pour un domaine réclamant justement une stabilité sans faille. Bien qu’il soit un vétéran du ministère de l’Éducation en tant qu’ancien directeur adjoint, certains lui reprochent de ne pas connaître le terrain, faute d’avoir exercé en salle de classe. Un énarque de plus, entend-on parfois. Cette fâcheuse perception d’être coupé des réalités scolaires n’est pas du goût du SNES-FSU et de la FSU-Snuipp qui martèlent l’importance d’une véritable expérience de terrain. Les ombres des réformes passées Avec à son actif l’accompagnement de réformes controversées sous Blanquer et Attal, les enseignants le regardent déjà du coin de l’œil. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, indique qu’Édouard Geffray « a marqué l’Éducation nationale » par ses réformes souvent mal reçues. Néanmoins, elle admet un certain changement de ton de sa part, évoquant un début de compréhension des réalités éducatives. Une transformation en cours, certes, mais qui reste sous observation immédiate dans le monde scolaire. La stabilité demandée à cor et à cri La valse des ministres de l’Éducation (sans parler des réformes continues) peut donner des tournis. À la rue de Grenelle, la fatigue se fait sentir. Les enseignants souhaitent une politique éducative stable pour pouvoir exercer leur métier efficacement. En fait, chaque changement à la tête du ministère est vu comme une réouverture de chantiers inachevés. Pour beaucoup, le ministère devrait être placé en tête des priorités gouvernementales, reflétant ainsi le rôle crucial de l’éducation dans l’avenir du pays. Des enjeux et des attentes pesant lourd Les défis ne manquent pas pour Édouard Geffray. Les effectifs pléthoriques dans les classes, la revalorisation des salaires des enseignants, et la formation accrue des AESH et psychologues scolaires sont les premières lignes de sa to-do list. Le récent rapport Talis, par exemple, a révélé que sur l’échelle du respect des enseignants, nous sommes malheureusement en queue de peloton. Un indicateur révélateur qu’il va falloir remonter de toute urgence. Le sujet brûlant du harcèlement scolaire Le harcèlement scolaire est un autre sujet qui colle au ministère comme une ombre. Récemment encore, la tragédie de Sara, 9 ans, qui s’est donné la mort à Sarreguemines, a bouleversé la France entière. Une statistique effrayante évoque une augmentation de 300% des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans au cours de la dernière décennie. Hugo Martinez, président de l’association « Hugo ! », critique vivement le manque de réactivité d’Édouard Geffray sur la question. Toutefois, Sophie Vénétitay tempère en se rappelant des efforts posés par ce dernier dans l’apaisement de discussions déjà explosives sous d’autres ministres. Signal institutionnel : l’éducation, seulement au neuvième rang Enfin, le rang protocolaire du ministère de l’Éducation nationale témoigne tristement de son importance relative pour le gouvernement. Descendre à la neuvième place donne pour beaucoup le mauvais signal. À l’apparence anecdotique, ce symbole pèse lourdement sur les consciences éducatives. Mais avant tout, il envoie aux enseignants et aux élèves un message que l’éducation n’est pas en tête, là où elle devrait être. À présent, Édouard Geffray a du pain sur la planche. Entre technocratie et réalités de terrain, il lui appartient de prouver sa capacité à redonner espoir à un secteur qui, plus que jamais, en a besoin. Beaucoup espèrent de ce numéro 1 qu’il sera plus qu’un gestionnaire rigide, et saura donner le coup de pouce nécessaire pour relever ce défi collectif majeur. Source https://actu.fr/societe/ex-bras-droit-de-blanquer-technocrate-le-ministre-de-l-education-edouard-geffray-inquiete-deja-les-profs_63299675.html

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