Qui ne s’est jamais arraché les cheveux en essayant de comprendre la logique derrière l’orthographe française ? Avouez-le, nous avons tous grogné en tentant de nous rappeler si c’était « événement » sans accent ou « évènement » avec un accent. Alors, comment en est-on arrivé là ? Voilà une question intrigante à laquelle le linguiste Bernard Cerquiglini tente de répondre dans son ouvrage plein de finesse et d’humour intitulé « À qui la faute ? ». Un titre qui met déjà l’eau à la bouche, non ? Dans le monde de l’orthographe, Bernard Cerquiglini se transforme en détective aguerri, un véritable Hercule Poirot des mots, traquant sans relâche le coupable de cette cacophonie orthographique. Son analyse nous plonge dans un dédale historique où les figures emblématiques telles que Charlemagne et Jules Ferry deviennent des suspects dans une affaire qui n’a, semble-t-il, jamais trouvé sa résolution. L’orthographe : un coupable historique L’orthographe française, avec toutes ses bizarreries, ne s’est pas construite en un jour. Ses racines remontent bien loin, à une époque où les scribes médiévaux ont commencé à coucher des mots sur du parchemin. Ah, quelle période troublée pour notre langue ! Dans sa quête, Cerquiglini revisite ces origines, dépeignant l’Académie française et les réformateurs comme d’inévitables complices. À travers ces lignes, nous revisitons curieusement l’histoire de notre langue et les multiples réformes qui l’ont façonnée ― ou déformée, selon votre perspective. Est-ce un problème exclusivement français ? Pas vraiment. D’un bout à l’autre de l’Europe, les langues se sont moulées au gré des caprices royaux et religieux, mais rares sont les pays qui ont conservé autant de subtilités orthographiques. Souvenez-vous des réformes allemandes de l’orthographe qui, en comparaison, paraissent presque simplistes ! Quand la modernité s’en mêle Pourquoi enfin rouvrir cette enquête maintenant ? À l’heure où les nouvelles technologies modifient la façon dont nous écrivons, beaucoup questionnent la pertinence d’une orthographe complexe. Qui n’est jamais tenté de lâcher un « c kom sa » en texto ? Ci et là, des voix s’élèvent pour simplifier la langue française, mais la passion française pour l’orthographe, pour le meilleur et pour le pire, refuse de mourir. L’orthographe est-elle un rempart face à la modernité ou un poids du passé ? Si Cerquiglini semble pencher pour une compréhension plus ludique des « imperfections », il n’ignore pas que simplifier serait comme retirer une page au livre d’Histoire des Français. Et dans tout ça, que fait l’éducation ? Cela nous amène naturellement à nous interroger : quel est le rôle de l’éducation nationale dans la promotion ou la simplification de notre orthographe ? Si l’on en croit Bernard Cerquiglini, l’éducation devrait encourager une curiosité vive plutôt qu’un apprentissage rigide de règles souvent arbitraires. En d’autres termes, créer des citoyens du monde où les mots deviennent un jeu d’enfant, pas une montagne intimidante. Imaginez des cours où l’orthographe deviendrait une aventure, une enquête joyeuse et non une corvée redoutée. Et pourquoi pas des ateliers où chaque élève pourrait réécrire l’histoire d’un mot, ajoutant sa pierre au grand édifice de la langue française ? C’est sans doute là que se situe le cœur du débat : devrions-nous adoucir notre relation avec l’orthographe ou continuer à la traiter comme un sanctuaire intouchable ? Si l’humour et la démonstration de Bernard Cerquiglini nous enseignent quelque chose, c’est peut-être qu’il n’y a pas une seule bonne réponse, mais beaucoup de belles questions. En nous plongeant dans les origines tortueuses de l’orthographe française, Bernard Cerquiglini rappelle que chaque subtilité de la langue est un héritage, parfois une anomalie, toujours une histoire à raconter. Et si l’on se prenait à sourire la prochaine fois qu’un « s » muet ou une double lettre se dressent fièrement devant nous, tel le mystère d’une enquête jamais résolue ? Au final, l’orthographe n’est pas seulement une affaire de conjugaison, mais une danse langagière, une musique à laquelle chaque francophone est invité. Source https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/l-education-nationale-l-academie-francaise-un-linguiste-traque-le-responsable-de-notre-orthographe-complexe-20250928/





