L’éducation nationale, soucieuse de former les futures générations, est aujourd’hui en proie à une réalité alarmante. Au-delà des manuels scolaires et des salles de classe, les professionnels de l’éducation se trouvent à la croisée des chemins, confrontés à une pression écrasante qui peut parfois mener à des drames irréparables. Prenons un instant pour évoquer le cas bouleversant de Caroline Grandjean. Son suicide suite à un harcèlement homophobe souligne le besoin urgent d’une véritable politique de prévention des suicides au sein de l’Éducation nationale. La CFDT monte au créneau, soulignant l’urgence d’une réponse efficace. Un besoin impérieux de chiffres fiables Depuis des années, la CFDT et les organisations syndicales dénoncent la sous-estimation chronique du risque suicidaire. Les statistiques, fournies par le ministère et basées sur les remontées des académies, semblent minimiser la réalité. Pour l’année 2018-2019, 58 suicides étaient signalés sur près d’un million d’agents, tandis qu’en 2022, seules neuf tentatives auraient été rapportées. Pourtant, ce chiffre paraît dérisoire face aux témoignages qui affluent sur des forums et sites spécialisés. Est-il possible que nos chiffres officiels ne soient qu’une partie de l’iceberg ? L’attente interminable d’une action concrète Ce n’est pas la première fois que la sonnette d’alarme retentit. En juin 2025, suite à une série de suicides en Normandie, les syndicats ont enfin poussé le ministère à établir un groupe de travail sur le sujet. Même si cette initiative est un début, la route est encore longue. Pourquoi avons-nous dû attendre autant avant d’en arriver là ? Heureusement, quelques outils existent déjà et ont commencé à émerger, notamment grâce aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) instaurés dès 2010. Ces comités ont contribué à sensibiliser sur les risques professionnels, mais il semble qu’ils n’aient pas été soutenus suffisamment pour réellement inverser la tendance. Des guides et des larmes Le suicide de Christine Renon en 2019 avait déjà ému, provoquant une onde de choc médiatique. Cela avait culminé en 2021 avec l’élaboration d’un « guide d’accompagnement pour le traitement d’intention suicidaire de personnels ». Malheureusement, ce guide semble aujourd’hui tombé aux oubliettes, évincé de la page « Santé au travail » du ministère. Une mise à jour et une diffusion plus large de cet outil sont essentielles, et certains syndicats locaux comme celui de Créteil s’y attèlent déjà. Mais malgré ces initiatives locales, beaucoup d’agents restent dans l’ignorance des ressources disponibles. Imaginez un guide précieux, bien caché dans le fond d’une bibliothèque que personne ne consulte ! Former pour mieux prévenir Parmi les propositions de la CFDT, former les encadrants RH et les assistants de prévention figure en tête de liste. Ne serait-ce pas formidable de voir une réelle coopération entre la médecine de prévention et la médecine de ville pour combler le manque patent de visites préventives ? Actuellement, seulement 40 000 de ces visites sont effectuées chaque année, alors qu’il en faudrait cinq fois plus. En cas de détresse, les agents devraient pouvoir se tourner vers des réseaux ou services appropriés, comme ceux mis en place par la MGEN ou la plateforme nationale de prévention du suicide joignable au 3114. Un réseau de soutien bien huilé, voilà ce qu’il nous faudrait ! La santé mentale est souvent négligée, mais ce sujet interpelle. La CFDT, par sa mobilisation, espère ouvrir les yeux des décideurs sur l’urgence d’une véritable politique de prévention. Au-delà des drames, un appel à l’action C’est à nous d’élever la voix, de ne pas se contenter d’attendre. Transformer les discours en actions concrètes n’est plus une option, c’est une nécessité criante. Tout professionnel, parent ou élève concerné a un rôle à jouer pour que l’Éducation nationale ne soit plus synonyme de souffrance, mais devienne un espace de bien-être et de bienveillance pour tous. Source https://www.sgen-cfdt.fr/actu/suicide-et-tentative-de-suicide-des-agents-de-leducation-nationale-la-cfdt-demande-une-veritable-politique-de-prevention//





