L’actualité est secouée par les récentes déclarations du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui a décrit la situation de l’école française comme « extrêmement inquiétante ». Cette prise de conscience a peut-être provoqué un sursaut salutaire, mais suffira-t-elle à rectifier le tir d’un système en crise ? Voyons cela de plus près. Les propos du ministre ne tombent pas de nulle part. Depuis des années, l’éducation française accumule les défis : inégalités sociales et scolaires, préoccupations sur le niveau des élèves, sans oublier la santé physique et psychique des jeunes, toutes mises en lumière par cette récente admission. Pourtant, l’annonce du ministre s’accompagne d’une pointe de scepticisme de la part de Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, le syndicat principal des collèges et lycées. Pour elle, cette reconnaissance, tant attendue, ressemble à un éclair de lucidité, certes, mais pourrait-elle ne pas être suffisante pour infléchir la trajectoire actuelle ? Les défis dévoilés par l’ancien directeur de l’enseignement scolaire Pour apporter un peu de lumière, Édouard Geffray a rappelé ses priorités : réduire les inégalités, améliorer les conditions de travail et de santé des élèves. Ces objectifs sonnent comme une douce mélodie à l’oreille de quiconque aspire à des réformes réelles. Or, lorsque l’on sait que Geffray fut à la barre de la direction de l’enseignement scolaire de 2019 à 2024, période marquée par des réformes tantôt bien accueillies, tantôt controversées, la question se pose : Geffray est-il l’homme de la situation pour mener à bien ces chantiers colossaux ? Sophie Vénétitay, quant à elle, reste sceptique. Elle observe que la lucidité du ministre, certes bienvenue, nécessite une action concrète. Elle évoque un ministre qui, plus qu’un spectateur, doit devenir un acteur du changement. Son constat critique ne s’arrête pas à cette perception : les paroles du ministre, si elles captivent l’attention, manquent cruellement d’un fond rassurant quand il s’agit des actions à venir. Quid du budget 2026 ? Le budget de l’Éducation nationale pour 2026 semble prometteur à première vue. Une enveloppe supplémentaire de 200 millions d’euros pour des recrutements est sur la table, notamment pour les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et les infirmiers scolaires. Pourtant, Vénétitay n’est pas convaincue : elle estime que les choix budgétaires actuels pourraient enfoncer le service public au lieu de le porter. Elle la dépeint, cette situation, propice à d’autres suppressions d’emplois, ce qui serait, selon elle, un saut dans le vide alors même que nos classes sont déjà parmi les plus chargées d’Europe. Des priorités qui font écho aux attentes Ce réseau de problématiques resurgit alors que le système éducatif se débat avec une gestion de la crise parfois cahoteuse. L’intégration des élèves en situation de handicap, par exemple, réclame la mobilisation de ressources supplémentaires ainsi qu’une formation adéquate et soutenue du personnel éducatif, une formation qui ne doit pas être ponctuelle mais s’inscrire dans une vision durable. D’ailleurs, qu’en est-il des chroniques soucis d’inégalités scolaires ? Les élèves issus de milieux défavorisés continuent de voir leur avenir compromis par des écarts d’opportunités qui se creusent chaque année un peu plus. Les réformes successives, bien que pleines de bonnes intentions, n’ont pas su toujours tenir leurs promesses faute de moyens et d’une vision à long terme. Les nuances entre les priorités affichées et l’application concrète sèment logiquement le doute. La tâche est d’autant plus ardue que les enseignants ne se sentent pas toujours soutenus. Sophie Vénétitay a raison de souligner l’importance d’un véritable élan qui doit abonder de cohérence. Qui d’autre pourrait incarner cet élan mieux qu’un ministre imbibé d’une réelle ambition et d’une combativité tangible ? Cependant, tout ce discours soulève une interrogation que tout un chacun finit par se poser: À quel point le changement est-il vraiment à notre portée ? Une question qui rebondit sans cesse dans les discussions animées des salles de professeurs. Le défi est colossal mais la situation ne doit pas s’éterniser au stade de diagnostic sans traitement. Vous l’aurez compris, chers lecteurs, il semble qu’un vent de changement doit souffler sur l’éducation. Il faut espérer que ces aveux ministériels soient le début d’une réforme en profondeur, au-delà des faits avérés et des constats récurrents. Cultivons cet espoir qu’une transformation est possible, car après tout, c’est notre avenir collectif qui est en jeu. Source https://www.franceinfo.fr/societe/education/situation-de-l-ecole-jugee-extremement-inquietante-un-eclair-de-lucidite-de-la-part-du-ministre-estime-le-snes-fsu-mais-ce-ne-sera-pas-suffisant_7568524.html/





